A une inconnue.
Tous ces mirages que tu m'as fais rêver. Tu sais quand je m'endors, j'en demande encore. J'attends comme un enfant, ce célèbre marchand de poussière, qui en une poignée, retourne le sablier des heures et m'emporte à tes côtés.
Le souffle coupé, je n'aspire qu'à savourer l'instant -condensation de mon imagination- j'ai l'impression que tu es là avec moi, et nous fuyons ensemble, au-dessus des barbelés de la réalité. Je sens des ailes me pousser et propulser dans le vide, tu guides mes battements hésitant dans ce ciel ensorcelé qui fait dansé les soleils.
-Divine exaltation- doux frisson d'euphorie- Je me laisse à la légèreté oubliant le poids envahissant de ma vie.
Et dans ce moment d'égarement, trop ivre de ma liberté, voici que mon corps vacille.
De vrille en vrille je perd pied - tu as beau me tendre la main, je ne peux que l'effleurer une dernière fois...je ne suis plus qu'une enclume en chute libre dans les fluides chimériques. Du coin des lèvres j'esquisse un dernier sourire, car le précipice m' aspire toujours plus, et tu n'es déjà plus qu'une étoile lointaine que je discerne à peine...
- L'enclume s'est écrasée au milieu de l'oreiller -
Et je me réveil n'ayant dans mes bras que les effluves de ton parfum onirique. Comme un naufragé projeté sur les récifs de la réalité, la bouche pleine d'écume, les yeux ensablés, et la nausée au c½ur.
Chaque journée, perdu dans le dédale de mes pensées, je songe à te retrouver. Et j'avance au gré des carrefours à te chercher dans la foule d'ombre passante, mais tu n'es jamais là ou je t'attends. Parfois je lève la tête, sans espoir de te voir, et j' aperçois cette silhouette familière, alors je tente de la rattraper, je lui cours après, je crie et lui fait signe, et quand enfin j'arrive à sa hauteur, ton fantôme a disparus, emportant avec lui toutes mes utopies...
Peu à peu le temps apaise ma mémoire des traits de ton visage, et c'est à cette instant précis que tu resurgis comme une comète oubliée depuis mille an qui rentre en collision avec un nuage d'astéroïde : ces souvenirs oubliées qui remettent mon c½ur en orbite.
Déflagration de sentiments – c'est l'incendie au fond de mon c½ur.
J'ose à peine te regarder tant j'ai peur de ne savoir nager dans ces émeraudes flamboyants. Mers de mystères, ou le marin sans trouver nul phare pour l'éclairer, se perd et chavire sans jamais approcher une seule certitude.
Tous ces atomes qui s'entrechoquent, toutes ces idées qui implosent, mon cosmos entre en fission et éclatent en mille interprétations.
- Les sentiments déchirés par la raison-
Et finalement, je doute tant que je passe à côté de toi, indifférent, laissant mon amour se noyer dans les marées de regrets qui envahisse mon être.
Mais tu es à jamais mon mausolée suprême, et jour comme nuit, à l'intérieur, agenouiller, dans la lueur des cierges,
je prie,
Oui je prie à ton nom, Ô toi la seule déesse de mon c½ur....
-M.A 16.05.2009-

